Centre pédiatrique d’allergologie (CPA)


Problèmes traités

Qu'est-ce qu'une allergie?

L'allergie est une réponse inadaptée du système immunitaire qui entraîne une réaction à des substances normalement sans danger, appelées allergènes. Les allergies touchent essentiellement des personnes prédisposées génétiquement (c'est-à-dire ayant dans leur famille d’autres personnes allergiques).  
 

Il existe des réactions allergiques immédiates ou retardées :

  • Les allergies immédiates surviennent en général moins de 2h après le contact avec l’allergène, comme dans la majorité des allergies alimentaires, médicamenteuses, respiratoires et au venin d’insecte.

  • Les allergies retardées surviennent plus de 2h, voire plusieurs jours, après le contact avec l’allergène, comme dans certaines allergies cutanées, alimentaires et médicamenteuses. 

L’allergie peut avoir un impact important sur la qualité de vie de l’enfant et de sa famille. Le risque de symptôme et de plainte chez l’enfant allergique ne se manifeste pas une, deux ou trois fois par an mais bien tous les jours, la journée aussi bien que la nuit, à domicile et en collectivité, à la cantine ou lors d’activités sportives et parascolaires.

L’allergie est plus fréquente en pédiatrie que dans la population adulte, elle concerne plus de 10% des enfants.

Les allergies alimentaires (AA) sont particulièrement en augmentation, en nombre et en intensité. A titre d’exemple, la prévalence de l’allergie à l’arachide et aux fruits à coque a doublé en cinq ans. En France, la fréquence des AA graves a quintuplé de 1982 à 1995. L’évolution des modes de vie, la disponibilité, pour le plus grand nombre, d’aliments en provenance de pays lointains, les transformations agroalimentaires toujours plus poussées des produits alimentaires contribuent à l’apparition de nouveaux allergènes, parfois sous forme masquée, ce qui crée des difficultés pour l’évaluation des risques qui peuvent se révéler graves, voire mortels pour certains.

Le diagnostic d’une allergie alimentaire ou médicamenteuse reste difficile dans la mesure où il règne une importante confusion entre l’allergie, la sensibilisation et l’intolérance. Confirmer un diagnostic d’allergie alimentaire ou médicamenteuse est pourtant essentiel pour préciser son traitement ou empêcher une éviction inutile. 

Notre équipe spécialisée en allergologie réalise des enquêtes et des bilans aboutissant si besoin au test de provocation orale (TPO) réalisé en hôpital de jour.

La prise en charge comprend un (ou des) régime(s) d’éviction, des conseils, un plan d’action personnalisé ainsi qu’une trousse d’urgence spécifique. Les buts avoués sont de restaurer et/ou d’améliorer la qualité de vie de l’enfant et de sa famille, mais aussi de lever des contraintes souvent injustifiées, responsables d’un abaissement du seuil de tolérance ainsi que de carences et/ou de troubles divers.

Allergies à l'effort
Chez certains enfants, les symptômes d’allergie se manifestent uniquement si l’ingestion de l’allergène (aliments en général, parfois médicaments) est suivie d’un effort physique.
 

On parle alors d'allergie alimentaire/médicamenteuse induite par l’effort.

Allergies alimentaires
On estime qu’environ 1% de la population présente une allergie alimentaire, mais chez les enfants ce taux est de plus de 5%.


L'allergie alimentaire est une réaction anormale de système immunitaire à la suite de l'ingestion d'un aliment. En région liégeoise, 4 aliments sont responsables de plus de 70% des allergies alimentaires chez l’enfant: l’œuf, l’arachide, le lait de vache et les fruits à coque.
 
Les manifestations cliniques sont très variées :

  • urticaire, éruptions, démangeaisons, eczéma
  • gonflement des lèvres, du visage et/ou de la gorge (angio-œdème)
  • douleurs abdominales, vomissements, diarrhée
  • rhinite, difficultés respiratoires
  • état de choc avec risque de décès dans de rare cas 

L’allergie aux protéines du lait de vache (APLV) est l'allergie alimentaire la plus fréquente chez le jeune enfant de moins deux ans.

Elle peut être immédiate (IgE médiée) avec des symptômes dans les 2 heures après ingestion, ou retardée (non IgE médiée) avec des symptômes apparaissant plus de 2h ou plusieurs jours après ingestion. L’APLV peut se manifester par des symptômes digestifs (diarrhée, coliques, régurgitations, refus de manger, constipation, retard de croissance, selles sanglantes...) mais également des symptômes respiratoires (dyspnée, toux), cutanés (urticaire, eczéma), ou même des réactions graves de type choc anaphylactique.

Le diagnostic se fait par le dosage des IgE et la réalisation de tests cutanés mais surtout par un test d'élimination des protéines du lait de vache durant 1 à 4 semaines parfois suivi si nécessaire d’un test de réintroduction orale en hôpital (TPO). Le traitement est un régime d'éviction stricte des protéines du lait de vache. L'évolution naturelle est la guérison dans 80 à 90% des cas à 5 ans.

Allergies au venin d'insecte
Les allergies au venin d'insectes sont souvent déclenchées par des piqûres d'abeille ou de guêpe.
 

Les réactions cliniques les plus fréquentes chez l’enfant sont des réactions locales, et plus rarement des réactions générales comme l’urticaire étendu, l’œdème de visage, l’asthme ou même le choc anaphylactique avec un risque de décès.

Allergies aux médicaments
Malgré leurs effets bénéfiques, les médicaments peuvent être responsables de réactions allergiques.
 

Les manifestations cliniques peuvent parfois apparaître dans les premières heures après le début du traitement, mais le plus souvent les symptômes apparaissent après quelques jours de traitement: 

  • urticaire et œdème du visage
  • eczéma plus ou moins étendu pouvant, dans les cas extrêmes et rares, évoquer une brûlure étendue et profonde
  • douleurs abdominales, vomissements, diarrhée
  • toux, difficultés respiratoires, éternuements, écoulement nasal
  • prurit oculaire avec rougeur
  • choc anaphylactique avec un risque de décès  

L’allergie médicamenteuse peut aussi survenir après plusieurs traitements antérieurs sans réaction allergique. 

Allergies cutanées

La peau est le seul organe en contact direct et complet avec l’environnement. Il n’est donc pas étonnant que des allergies puissent d’abord apparaître au niveau de la peau avant d’atteindre d’autres organes.
 
  • La dermatite atopique (l’eczéma)

C'est l’affection cutanée la plus fréquente chez l’enfant. Même si son mécanisme premier n’est pas un processus allergique ciblé, de nombreux enfants pourront y être confrontés, voire devenir allergiques. Les protéines allergisantes (allergènes) présentes dans l’environnemnt se déposent sur la peau malade (eczéma), la pénètre et aggrave l’eczéma.

Il est donc capital de bien traiter la peau atopique pour diminuer ce risque d’allergisation. On estime par exemple à 15% le risque d’allergie alimentaire associée chez les enfants présentant une dermatite atopique.

Le dermatopédiatre prend en charge le traitement de la dermatite atopique et mène un interrogatoire pour dépister les enfants suspects d’allergies associées (aggravation de l’eczéma, association à de l’asthme ou rhinite allergique, réaction à l’ingestion d’aliments, urticaire associée).
 

  • L’urticaire

C'est une éruption qui se manifeste par des lésions ressemblant à des piqûres d’ortie. Elle donne volontiers des démangeaisons comme dans la dermatite atopique et peut aussi être le signe d’une allergie. Il est parfois difficile de faire la différence entre une urticaire allergique et une urticaire non allergique, qui reste plus fréquente.

L’urticaire peut apparaître brutalement et persister quelques heures ou jours (forme aiguë) ou persister des mois (forme chronique). Un interrogatoire précis et éventuellement des examens complémentaires orienteront le dermatopédiatre vers une cause allergique éventuelle.

L’allergie aux protéines de lait de vache peut ainsi se présenter uniquement par une urticaire chez un nourrisson ou une aggravation d’un eczéma. Des tests spécialisés seront réalisés par l’allergologue pédiatrique et une  prise en charge personnalisée sera proposée en fonction des résultats.

Certains enfants pourront également développer, comme les adultes, des eczémas de contact, comme une allergie au nickel, à des désinfectants ou à des parfums, qui seront aussi dépistés à la consultation de dermatologie pédiatrique.
 

  • Les photodermatoses

Les photodermatoses (réactions cutanées au soleil) ou d’autres affections cutanées telles que certaines piqûres d’insectes ou la mastocytose peuvent aussi avoir un lien avec des mécanismes « allergiques ».
 

  • Les toxidermies médicamenteuses

Les toxidermies médicamenteuses (réactions cutanées après la prise d’un médicament) peuvent impliquer un processus allergique où l’allergologue pédiatrique et le dermatopédiatre se verront impliqués.

Allergies respiratoires

 

  • ​La rhinite allergique

La rhinite allergique se caractérise par des chatouillements au niveau du nez, des éternuements à répétition, le « nez qui coule » et s'accompagne parfois de larmoiements et d'une irritation des yeux. Lorsqu’elle est causée par le pollen, on l’appelle plus communément "rhume des foins".
 
La rhinite allergique peut être perannuelle et persister toute l’année dans le cas où l’allergène reste présent dans l’environnement du patient (acariens, animaux domestiques, moisissures…). Elle peut aussi apparaître pendant une période saisonnière comme dans le cas du rhume des foins en période de pollinisation des plantes.
 

  • L’asthme

En Belgique, l’asthme représente l’affection respiratoire chronique la plus fréquente chez l’enfant (10% des enfants seraient asthmatiques). L’allergie est la cause la plus fréquente de l’asthme chez l’enfant de plus de 3 ans.

Comment se manifeste la maladie ?
La maladie se manifeste par des accès intermittents de difficultés à respirer, au cours desquels le patient va ressentir une oppression thoracique, une soif d’air avec une impression d’avoir un thorax bloqué, un sifflement parfois audible à distance, une anxiété et parfois de la toux. Ces crises de difficultés respiratoires surviennent le plus souvent la nuit ou après exposition aux allergènes. Leur intensité est variable, ainsi que leur durée.

Les crises d’asthme sont dues à une contraction des muscles et une inflammation des bronches, dont la paroi se trouve rétrécie, ceci expliquant la difficulté du passage de l’air dans les poumons.

Intolérances alimentaires
L’intolérance alimentaire survient lorsque l’organisme n’est pas capable de digérer un aliment ou un composant de l’aliment mais elle n’implique pas le système immunitaire.
 

Elle est souvent confondue avec l’allergie parce qu’elle peut provoquer des symptômes semblables à l’allergie (nausées, diarrhée, vomissements, douleurs abdominales) mais d’intensité moindre, et fort variables d’un patient à l’autre.
 

  • L’intolérance au lactose

Elle est secondaire à un déficit en lactase qui se manifeste par des douleurs abdominales, de la diarrhée, des gaz, un ballonnement abdominal.

Le diagnostic se fait par un test au lactose. Le traitement est un régime pauvre en lactose (hydrate de carbone présent dans le lait des mammifères) qui implique donc d’éviter ou de diminuer la consommation d'aliments contenant de grandes quantités de lait: lait de vache, glace, fromage à pâte molle, crêpes, sauce Béchamel.
 

  • L’intolérance au gluten ou maladie cœliaque

Elle se caractérise par une maladie intestinale qui survient chez des sujets génétiquement prédisposés. La maladie cœliaque peut se manifester par des troubles digestifs: diarrhée, douleurs abdominales, ballonnement abdominal, parfois constipation, mais aussi par d’autres symptômes tels que retard de croissance staturo-pondérale, retard pubertaire, fatigue, lésions de l’émail dentaire.

Le diagnostic se fait par dosage des anticorps spécifiques et biopsie intestinale. Le seul traitement de la maladie cœliaque est un régime strict sans gluten à vie.
 

  • L’intolérance à l’histamine

L'histamine est produite par l'organisme mais aussi fournie par l’alimentation. Elle se trouve notamment dans les produits qui fermentent, mûrissent ou pourrissent. On en trouve en quantité dans la charcuterie et le fromage à maturité. D’autres aliments (les libérateurs d’histamine), comme les légumineuses, les crustacés et le jus d’orange, augmentent la production d’histamine dans l’organisme.

Les symptômes de l’intolérance à l’histamine sont très variés et surviennent essentiellement pendant et après les repas. Les plus fréquents: rougeurs cutanées soudaines, démangeaisons, troubles de la digestion (comme des nausées, des vomissements, de la diarrhée et des maux de ventre),  yeux rougis, lèvres gonflées.

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